Levée des conflits

Pièce pour 24 danseurs
date de creation: 
2010

Chorégraphie : Boris Charmatz
Assisté de Anne-Karine Lescop

Interprétation : Or Avishay, Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Magali Caillet-Gajan, Sonia Darbois, Olga Dukhovnaya, Olivia Grandville, Gaspard Guilbert, Taoufiq Izeddiou, Lénio Kaklea, Jurij Konjar, Élise Ladoué, Catherine Legrand, Maud Le Pladec, Naiara Mendioroz, Thierry Micouin, Andreas Albert Müller, Mani A. Mungai, Élise Olhandéguy, Felix Ott, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Nabil Yahia-Aïssa

Après 50 ans de danse – œuvre hybride, entre abécédaire des formes de Merce Cunningham et kaléidoscope de gestes récupérés – Boris Charmatz propose un nouvel objet chorégraphique limite : un hologramme perceptif pour 24 danseurs et 25 mouvements. Levée – comme une levée du temps, de la tension du sens, des règles organisant la perception ; un brouillage du regard porté sur la circulation, le passage, l'appropriation de gestes qui dérivent au sein d'un groupe. En une ronde hypnotique, une mosaïque d'actions simultanées glissant de corps en corps, les danseurs cherchent à produire un mirage : une impression subliminale se dégageant d'un enchaînement continu d'états. Ça se compose, se dénoue, se renoue, se condense, s'accumule, forme des noyaux, des lignes, des plis – matière vivante, solitaire et collective, où chaque danseur est « mobile dans l'élément mobile ».
Mais comment ça marche ? Comment ça évolue sans imploser ? Mu par un vide, animé par le décalage entre nombre d'actions et de danseurs, l'agencement s'auto-génère, se recompose – donnant l'impression d'un fondu enchaîné permanent. Exposée à la durée, sans cesse en train de se construire et de se dissoudre, cette structure à géométrie variable mobilise une attention flottante : ensemble choral à contempler d'un seul regard, et chorégraphie composée d'une multitude d'évènements qui s'emboitent, pivotent, se répètent ; danse qui simplement, a lieu, et mécano complexe, en oscillation constante. Avec Levée des conflits, Boris Charmatz invente un « trou de danse » absorbant le regard. Une danse-palindrome, à lire dans tous les sens. Un canon chorégraphique cherchant l'image d'une utopie.
Gilles Amalvi

lire l'entretien de Boris Charmatz par Gilles Amalvi

Lumière : Yves Godin 
Réalisation sonore : Olivier Renouf 
Lutherie logicielle : Luccio Stiz 
Musiques : Henry Cowell, Colon Nancarrow, Helmut Lachenmann, Morton Feldman 
Amas d'extraits : David Banner, Médéric Collignon Jus de bosce, Miles Davis, Daniel Johnston, Electric Masada, Angus McColl, RZA, Terror squad, Saul Williams, Zeitkratzer
Régie générale : Audrey Castelain 
Collaboration vêtements : Laure Fonvieille 
Merci à Marlène Monteiro-Freitas, Dominique Jégou, Katja Fleig, Margot Joncheray, Carlos Maria Romero, aux étudiants de la formation en danse HZT (Berlin, promotion 2010), aux résidents du Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont participé aux différentes étapes de recherche. 
Avec une pensée spéciale pour Vincent Druguet et Odile Duboc.

Durée : 1h40 environ
Production : Musée de la danse / CCNRB
Coproduction : Théâtre National de Bretagne à Rennes, Théâtre de la Ville-Paris/ Festival d’Automne à Paris, Manifesta 8 (Murcia, Cartagena -Espagne-), ERSTE Foundation Avec le soutien de Teatro Maria Matos/Lisbonne, Chassé Theater/Breda, Kunstenfestivaldesarts/Bruxelles
Ce projet reçoit le soutien de Culturesfrance/Ville de Rennes