herses

(une lente introduction)
date de creation: 
1997

chorégraphie : Boris Charmatz
interprètes : Boris Charmatz, Audrey Gaisan Doncel, Christophe Ives, Latifa Laâbissi, Alain Michard, Andreas Lindenbaum ou Garik Anichenko, violoncelle

Note d'intention

herses (une lente introduction) serait avant tout une pièce de mise en contact ; en fait, la confrontation directe, ironique ou réactive avec certaines utopies :

1
l'utopie naturelle, celle du corps libéré et lâché en territoire vert, happé par les forces dites essentielles, arbres et fleurs

ensuite
l'utopie du couple, la construction de l'un par l'autre (et la pérennité du désir), figure chorégraphique irritante et archétypique

enfin
l'utopie communautaire, le corps partagé ou mêlé, les contacts impossibles ou inavouables.

De ces trois "utopies de l'alliance", et de certains de leurs corollaires (la fonte de l'individu au profit de la nature, de l'union, ou de l'idéal communautaire; le rêve de rencontre absolue et aveuglante, l'esprit d'équipe, d'équipée, de fusion !) pourrait naître une pièce pour deux couples de danseurs. Elle impliquerait des réactions contrastées, du sarcasme à la fascination, et s'approcherait au plus près d'écueils dangereux : l'écueil du parodique, de l'écriture comme fin, du pornographique.
Apparaîtrait en filigrane l'abordage de mythe inusable de l'alliance danse-musique, par le biais d'une confrontation décalée avec certains travaux de Helmut Lachenmann.

A propos des musiques

herses (une lente introduction) fait appel à des œuvres de Helmut Lachenmann, notamment à certaines pièces de sa période dite de «musique concrète instrumentale».
Nous avons souhaité présenter une tentative d'approche du domaine musical qui place l'entièreté du projet sous l'égide de ce compositeur, mais qui instaure une tension entre la musique et la danse, évocatrice de l'impossible fusion entre des compositions appartenant déjà à l'histoire et notre travail naissant.
En réponse au questionnement que nous suggère l'écoute de ces œuvres, pour considérer à notre manière ce matériau musical et réfléxif, nous avons imaginé un espace de friction : entre la danse et la musique d'une part, entre des œuvres enregistrées, interprétées en direct, ou « mises à plat » d'autre part.
L'utilisation des pièces musicales est donc en partie iconoclaste. Il existe une zone de perturbations qui trouve sa justification dans l'interprétation en direct de Pression pour violoncelle seul et la diffusion de AIR pour grand orchestre et percussion soliste. Nous aimerions que cette tentative d'approche forme, du tiraillement jusqu'à l'interprétation vivante, un chemin vers la musique.

Boris Charmatz

musiques :
Helmut Lachenmann
Air, pour grand orchestre et percussion soliste (1968-69)
Pression, pour un (e) violoncelliste (1969-70)
Salut für Caudwell, pour deux guitaristes (1977)
Wolken im eisigen Mondlicht
Schattentanz
pièces extraites de Ein Kinderspiel, sept pièces pour piano (1980)
Toccatina, étude pour violon (1986)
Guero, pour piano (1970, rév. 1988)
Lumière : Yves Godin
son : Olivier Renouf
sol : Gilles Touyard
régie générale : Frédéric Vannieuwenhuyse ou Gilles Gentner
production : Association edna ; Musée de la danse
coproduction : Le Quartz / Centre National Dramatique et Chorégraphique de Brest (Création-résidence), Festival d'Automne à Paris, Centre Chorégraphique National de Grenoble, Festival International Montpellier Danse, Dieppe Scène Nationale.
Avec l'aide de Springdance Festival/Utrecht/Pays-Bas et du Centre national de la danse à Pantin.
Prix d'auteur du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, France (Rencontres chorégraphiques internationales 1996).
Remerciements : Le Fourneau-Brest, Centre de Développement Chorégraphique/Toulouse, Association pour la Danse Contemporaine/Genève, Cargo/Grenoble , Festival Artdanse Bourgogne. Le Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie pour la production du film Une lente introduction réalisée à partir de la pièce herses, une lente introduction (sortie prévue en 2007).
« herses (une lente introduction) » a été créé au Quartz/ Centre National Dramatique et Chorégraphique de Brest le 27 septembre 1997 avec Boris Charmatz, Julia Cima, Vincent Dupont, Myriam Lebreton, Sylvain Prunenec, et Jérôme Pernoo (violoncelle).
Durée : 60 minutes