enfant

création pour la Cour d'honneur du Palais des papes
date de creation: 
2011

Chorégraphie : Boris Charmatz
Interprétation : Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Olga Dukhovnaya, Julien Gallée-Ferré, Lénio Kaklea, Maud Le Pladec, Thierry Micouin, Mani A. Mungai et un groupe d'enfants de Rennes

Dans l'avant-propos de son ouvrage L'inhumain, le philosophe français Jean-François Lyotard écrit :
« Dénué de parole, incapable de station droite, hésitant sur les objets de son intérêt, inapte au calcul de ses bénéfices, insensible à la commune raison, l'enfant est éminemment l'humain parce que sa détresse annonce et promet les possibles. Son regard initial sur l'humanité, qui en fait l'otage de la communauté adulte, est aussi ce qui manifeste à cette dernière le manque d'humanité dont elle souffre, et ce qui l'appelle à devenir plus humaine.»


Adepte des croisements, des reprises mutantes, Boris Charmatz triture la matière chorégraphique pour en révéler les paradoxes sous-jacents, déplacer les certitudes du regard. Danse d'après photos, danse-sculpture, trou de danse - chacun de ses projets tente un rapprochement entre formes plastiques et mouvement des corps. Après Levée des conflits, spirale de silhouettes entraînées dans une circulation sans fin, sa nouvelle création soumet la multitude à une autre question : comment produire des frictions, des évènements physiques sans utiliser l'énergie musculaire ? Poursuivant les recherches initiées avec régi autour des machines, il propose une chorégraphie pour corps inertes - une zone de transit traversée par un élément perturbateur nommé enfant.

enfant, comme une matière malléable, fragile et incontrôlable. Une charge de réel bouleversant l'équilibre de la scène. Transportés, déposés, manipulés par des danseurs, les corps d'enfants envahissent l'espace, l'agrandissent, le sculptent. De leurs relations naît un jeu de tension et de relâchement qui conjugue force d'inertie et processus de transformation. Un étrange ballet engourdi se déploie, où se forment des îlots, des amas mobiles ; d'où émergent des rencontres instables, des morphologies hybrides - images suspendues entre le repos, le rêve et la ronde... Progressivement, les rapports s'inversent, la frontière entre grands et petits, professionnels et amateurs, animé et inanimé se dénoue, laissant place à une masse en devenir, une nuée impétueuse qui emporte tout : envahissement ou récréation - qui redonne aux enfants leur place d'inconnue esthétique et politique dans l'équation de la représentation.

Gilles Amalvi

 

Enfants (au Festival d'Avignon) : Perle Béchu-Quaiser, Eliott Bourseau, Théotim Bourseau, Léon Cassin, Lisa Cazoulat, Rémi Cazoulat, Abel Charmatz, Marguerite Chassé, Tikal Contant-Ricard, Noé Couderc, Zaccharie Dor, Elio Fouilleul, Mathieu Guidoni, Cédric Lamotte-Lenoir, Sasha Goasduff-Langlois, Salomé Lebreton, Emma Lecoq-Vinagre, Youenn Louédec, Joseph Michard, Louane Mogis, Lou-Andréa Paulet, Emma Perreau, Raphaëlle Piechaczyk, Adèle Richard, Mathilde Richard, Hypolite Tanguy
Lumière : Yves Godin
Son : Olivier Renouf
Machines : Artefact, Frédéric Vannieuwenhuyse
Cornemuse : Erwan Keravec
Assistant : Julien Jeanne
Costumes : Laure Fonvieille
Travail voix : Dalila Khatir
Lutherie logicielle : Luccio Stiz
Régie générale : Alexandre Diaz
Régie son : Antoine Guilloux
Régie plateau : Max Potiron
Durée estimée : 1h

Production : Musée de la danse / CCNRB
Coproduction : Festival d'Avignon, Théâtre de la Ville-Paris, Festival d'Automne à Paris, Internationales Sommerfestival Hamburg et Siemens Stiftung dans le cadre de SCHAUPLÄTZE, Théâtre National de Bretagne (Rennes), La Bâtie-Festival de Genève, Kunstenfestivaldesarts (Bruxelles)
Avec le soutien exceptionnel du Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil régional de Bretagne, la Ville de Rennes et Rennes Métropole.
Ce projet reçoit le soutien de l'Institut français / Ville de Rennes pour les tournées internationales.
Remerciements : Or Avishay, Pierre Mathiaut, Julia Cima, Raimund Hogue